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Ma solitude

Lettre IIII

Mon cher Georges,
« Pour avoir si souvent dormi avec ma solitude,
Je m’en suis fait presque une amie, une douce habitude. »
« presque une amie »… Tu ne la fais pas passer pour du bonheur, tu ne la maudis pas non plus. Tu la défini comme une présence têtue, connue intimement, parfois envahissante :
« Quand elle est au creux de mon lit, elle prend toute la place,
Et nous passons de longues nuits, tous les deux face à face. »
Tes mots restent francs : on peut être hyper entouré, et se retrouver à la tombée du jour, nez à nez avec cette même complice silencieuse. Elle prend toujours « toute la place », qu’on le veuille ou non.
Tu parles d’elle comme d’une vraie relation…
« Par elle, j’ai autant appris que j’ai versé de larmes. »
C’est peut-être là que ta chanson colle le plus à notre époque : Malgré le déploiement de possibilités de rencontres connectées ou non, accepter que cette solitude nous construit autant qu’elle nous plombe. On essaie parfois de la « répudier », comme tu dis, en s’agitant, en se noyant dans le bruit, le trop plein de paroles, mais elle, « jamais ne désarme ». Elle attend, fidèle comme une ombre.
Et puis il y a cette dernière image, simple et implacable :
« Elle sera à mon dernier jour, ma dernière compagne. »
C’est vrai ! Qu’on le veuille ou non, on devra toujours composer avec cette part de solitude, du premier au dernier jour. Pas forcément comme une tragédie permanente, mais comme un élément de base, important de notre vie.
Non, on n’est jamais tout à fait seul avec sa solitude… Et si la clé du bonheur résidait justement là, dans le goût de cette solitude, ces instants ou il fait bon de pouvoir se retrouver face à soi-même, prendre le temps pour sois. Tout simplement, prendre le temps d’apprendre à s’aimer pour justement savoir aimer l’autre…

Célina Ramsauer – 24 juin 2026